Le Cinquantenaire sort ses trésors: les montres

Pendant 200 ans, la replique montre émaillée fut un grand art, très populaire, avec même des montres érotiques.

Le musée du Cinquantenaire à Bruxelles, a fait le choix de présenter les trésors méconnus de ses collections. D’abord, en période de disette, c’est moins cher que d’organiser des exposions nécessitant des prêts co?teux, mais surtout, c’est l’occasion de se rendre compte que ce musée est d’une richesse inou?e et ne peut présenter qu’une toute petite fraction de ses trésors.

Les deux expos précédentes, sur les sarcophages égyptiens et sur les estampes japonaises furent de grands succès attirant chaque fois plus de 80000 visiteurs. L’expo ? Sarcophages ? est maintenant présentée au musée de Syracuse. Fin octobre, le Cinquantenaire fera de même avec ses collections sur l’Océanie, Mélanésie, Papouasie et ?le de Paques pour laquelle ses chercheurs sont en pointe.

En attendant, on peut découvrir un autre pan, méconnu, plus pointu, de ses trésors: les replique montres émaillées.

Au début de l’année on avait déjà pu découvrir à la belle exposition ? Eloge de l’heure ? au Grand-Hornu, une sélection de montres anciennes merveilleuses et ingénieuses prêtés par le Cinquantenaire : montres-goussets, heures sautantes, heures vagabondes, heures secrètes, montres universelles, cadran sur 10h brièvement instauré à la Révolution fran?aise.

Le Cinquantenaire a pu acquérir jadis plus de 400 montres anciennes datant du XVIe au XIXe siècle, provenant de collections privées (Godtschalk, de Rhodes, Vermeersch).

L’expo actuelle, ? Once upon a time ? expose un partie des collections: 175 montres émaillées, choisies pour leur décor. On peut suivre l’évolution de cette mode entre 1650 et 1850.

L’Eglise les a interdites

On a oublié cette époque où les riches arboraient une de ces replique montres sale à la taille, autour du cou, au revers du gousset, ou même intégrée à des pommeaux de canne, comme des bijoux.

La technique de l’émail connue depuis l’Antiquité, est très délicate. Il faut appliquer sur une surface métallique des poudres de verre coloré et les faire fondre au four. Il faut autant de cuissons qu’il y a de couleurs. Au XVIIe siècle, on apprit à peindre sur émail.

Petites merveilles horlogères, ce montres richement ornées sont prétexte à de vrais ? tableaux ? miniatures et deviennent, une ? pinacothèque de poche ?: reproduction de chefs-d’oeuvre, scènes bucoliques, retour à la nature, appel aux voyage, et même scènes érotiques. Certaines montres arborent des peintures de femmes dénudées et parfois quand on les ouvre, ou cachées dans des cachettes secrètes, il y avait des décors pornographiques. Les plus perfectionnées mettaient en scène des automates dont les ébats, accompagnés de la sonnerie d’un carillon, se répétaient à heure fixe ! La mode fut telle que l’Eglise dut imposer en 1817, l’interdiction de cette production et le grattage des décors érotiques (on voit à l’expo un des ces décors grattés).

Plus tard, les décors revinrent au classicisme.

Le musée du Cinquantenaire a soigné sa scénographie pour plonger le visiteur dans ces époques anciennes, en ajoutant des objets d’alors et de nombreuses robes en papier, réalisées par l’artiste bruxelloise Isabelle de Borchgrave dans sa série ? Papiers à la mode ?

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